17 septembre 2015

Ismaël Saidi, arme d'instruction massive !

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Dans son premier livre intitulé, " Les aventures d'un musulman d'ici ", Ismaël nous conte son parcours, depuis son enfance de gosse issu de l'immigration marocaine jusqu'à la première de Djihad, cette incroyable pièce navigant entre rire et larmes, créée le 26 décembre 2014 et vue aujourd'hui par plus de 30 000 personnes, en Belgique et dans le nord de la France.

Ismaël raconte avec humour, tendresse, amour même, son parcours atypique de jeune " schizophrène ", comme il se définit lui-même, gamin trimballé entre deux cultures, devant sans cesse composer avec celles-ci de manière à ne jamais heurter l'une des deux. A travers son expérience, il nous parle finalement de tous ces gosses nés dans un pays dont la culture, les croyances, sont radicalement différentes de celles du pays de leurs parents... de ces gosses dont l'éducation suit des chemins très différents suivant qu'elle ait lieu dans le cercle familial ou à l'extérieur de celui-ci.
Comment suivre les règles d'éducation posées par les parents sans passer pour un extra-terrestre aux yeux des copains élevés dans des milieux aux coutumes bien dissemblables ? Comment passer d'une école dont la majorité des élèves a la même origine que soi, vers un établissement dont les gosses ne sont pas issus de l'immigration ? Comment se faire accepter dans une institution où la xénophobie est tout de même bien ancrée ?...
Comment se comporter face à l'alternance de coutumes, d'habitudes, tout au long de la journée ? Comment trouver son identité dans une vie où l'on passe plusieurs fois par jour d'une culture à l'autre, dans un monde où on vous considère parfois comme étanger, alors que vous êtes Belge, certes né de parents marocains, mais né vous-même en Belgique, ne connaissant du Maroc que Tanger, un mois par an durant les grandes vacances ?!
Comment aimer secrètement la belle Gabrielle quand on est un gamin musulman ? Comment ne pas tomber du côté obscure de la force ? Comment... Comment... Comment... ???

Et puis comme si tout cela ne suffisait pas, comment surtout accepter d'être différent. Non pas en termes d'origines, parce que ça c'est déjà fait, mais d'âme...
Comment accepter que l'on n'entre pas dans les standards, que l'on ne ressent pas, que l'on ne comprend pas les choses comme le commun des mortels... que l'on est tout bonnement... un artiste !!!
Cette acceptation sera sans doute celle qui mettra le plus de temps à se mettre en place.

Mais Ismaël ose aussi. Il ose choquer, dire la réalité sans fioriture. Il parle de mort. Crument. Presque chirurgiqualement. Parce que certaines fêtes musulmanes sont un peu éloignées du pays de Candy et de celui du Père Noël, et parce qu'il a été flic de terrain...
Alors il raconte, même si ça doit faire tâche dans le paysage. Même si on doit lui en vouloir... à commencer par certains de ses co-religionnaires. Mais de cela il a l'habitude, parce que Djihad n'a pas toujours été bien reçue au sein même de sa communauté.
Il assume. Il ne renie rien. Il a du cran Ismaël.

Malgré tout, Ismaël nous parle surtout d'amour. De cet amour qui l'a construit, façonné.
De cet amour familial, partagé, notamment, avec ses parents, si pudiques, qui ne disent pas, mais lui en font comprendre la réalité par des messages symboliques laissés ça et là ; de celui partagé avec ses enfants et sa femme, toujours là, comprenant, soutenant... aimant tout simplement ; de celui pour certains enseignants qui n'ont pas vu en lui un étranger, mais un gosse brillant méritant d'être écouté ;  de celui pour ses amis...

Et enfin,  il y a la religion dont il n'a tiré que les beaux enseignements...
J'avoue avoir du mal à comprendre, moi qui suis, comme je l'ai déjà exprimé sur ce blog, non pas athée mais parfaitement anti-religion (j'en parle ICI).
Je ne crois pas qu'Ismaël aurait été autre sans ce que lui a enseigné le Coran, parce que outre sa nature profonde, il a toujours été entouré d'amour, il a toujours côtoyé des personnes contrebalançant l'influence néfaste que d'autres auraient pu avoir sur lui.
Je ne comprends pas comment on peut croire en ce que je nomme, des " superstitions qui ont mieux réussi que d'autres ", lorsque l'on est si érudit. Mais les curés ne disent-ils pas : " Il est grand le mystère de la foi... "  Ce qui, effectivement pour moi, est carrément un gouffre !!!
Alors, je ne juge pas (ça me change !)... parce que comment juger Ismaël, lui qui n'est qu'amour ?!

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C'est simple, ce mec est un soleil !
Sérieux... s'il était homologué, il ferait un bien meilleur temps en Belgique !
Collez Ismaël dans une pièce... et c'est toute son atmosphère qui en est changée. Les sourires s'affichent, la douceur s'installe. C'est un aimant à bonheur.
Finalement  ne viendrait-il pas d'une autre planète.
Maintenant que j'y pense... non séreiux, ça fout les jetons hein ?!
J'ai peur soudain.
C'est pire qu'un étranger...
E.T est vraiment parmi nous...
Peuuuuuuuur !...
                                                                                                 ______________________________________

Pour info, Djihad, sera jouée samedi 3 octobre au théâtre Saint Michel de Bruxelles. Prix des places, 10€.
Tous les bénéfices seront, de suite et intégralement, reversés au SAMU Social.
En assistant à la représentation (il y a aura en bonus, une première partie avec des artistes invités... sketches, musique, etc...), en plus de passer un moment unique, vous ferez un très beau geste de solidarité envers les plus démunis.
Réservez vite à cette adresse : Théâtre Saint Michel. Il n'y aura pas de place pour tout le monde, et Djihad ne sera plus jouée avant longtemps à Bruxelles, puisqu'elle part en tournée.

"Bon, et si on rajoutait un peu de solidarité dans ce monde qui sombre.
Il y a des réfugiés au parc Maximilien à Bruxelles et dans les centres de Fedasil. Ils ont reçu des vêtements et de la nourriture mais ils ont un cruel besoin d’aide médicale.
Et ça, ça coute cher...
Notre troupe a décidé de leur venir en aide. Et avec le soutien de ce magnifique théâtre qu’est le Théâtre Saint-Michel, nous organisons une soirée spéciale "Djihad" le samedi 3 octobre 2015 à 20h.
L’entrée est à 10 euros et l’entièreté de la recette (j’ai bien dit la recette donc le moindre euro) sera reversé le soir-même au Samu Social qui essaie de gérer comme il peut cette situation difficile.
Alors si vous avez envie d’aider, venez ! C’est le moment. Nous ne jouerons plus Djihad à Bruxelles en tout public avant un bout de temps donc profitez-en.
Ils ont besoin de nous et il est temps que la solidarité prenne le pas sur les joutes verbales politiques stériles.
En tant qu’artiste, tout ce que nous pouvons faire, c’est donner tout ce que nous savons faire, tout ce que nous sommes à ceux qui ont été chassé de chez eux et qui ont vu la mort de près.
Vous, vous pouvez les aider. En donnant 10 euros pour ce ticket de théâtre, vous leur offrez un morceau de vie.
Et en échange, nous vous offrirons du spectacle, de l’amour, du rire, des pleurs, des chansons inédites, des sketch inédits.
Ca va être la soirée la plus folle de votre vie !
Il y a 1200 places au Théâtre Saint-Michel, alors imaginez combien vous pourrez offrir en donnant 10 euros....
Qui que vous soyez, d’où que vous veniez : Venez !
C’est le moment : juifs, athées, musulmans, chrétiens, homos, hétéros, noirs, blancs, bronzés, jaunes : Venez ! Mélangeons-nous pour aider !
C’est le moment pour tous les quartiers de cette ville de se rejoindre sur la place Montgomery, dans cette magnifique Cathédrale et de rire et vibrer ensemble, réellement ensemble !
A tous ceux qui sont dans ma liste, partagez ce message, faite-le circuler, s’il vous plaît.
A tous les journalistes qui sont dans ma liste, s’il vous plaît : aidez-nous, aidez-les, faites passer le message, dans vos journaux, sur vos plateaux, dans vos blogs, dans vos émissions, dans vos radios, partout.
Aux femmes et aux hommes politiques qui sont dans ma liste : faites passer l’information, venez, envoyez vos équipes, vos familles. Oublions le temps d’un soir les différences politiques, oublions la gauche, la droite et leurs extrêmes.
Aux responsables d’associations : mobilisez vos troupes, venez en masse.
Ces femmes et ces hommes ont été chassé par des soldats de la haine, réunissons-nous en soldats de l’amour et aidons-les !
La solidarité, c’est inné ! A nous de le prouver !
"

Ismaël Saidi "

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07 juillet 2015

ON S'TÉLÉPHONE ET ON S'FAIT UNE BOUFFE ?

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On devait se voir... la semaine suivante. Elle devait me préciser quel jour, à quelle heure et où. Des années après, j'attends toujours... c'était pourtant son initiative. Et nous correspondons toujours, sans le moindre souci.
On devait se voir, toujours la semaine suivante... puis la suivante... puis quand elle le sentirait... elle ne l'a jamais senti... là encore, je ne lui ai pourtant pas couru après.
Nous sommes copains, en vrai, pas sur Visage du Livre. Il espérait pouvoir nous rendre visite en Catalogne, puisqu'il vit dans le sud de la France. Il m'avait demandé de lui rappeler les dates. Je l'ai fait... j'attends toujours une réponse !
Il a promis à ses parents, à son oncle et sa tante  de les voir plus souvent... il prévoit et fait sans cesse des promesses qu'il ne tient pas...
On devait se refaire un pique-nique... à leur initiative. On attend toujours la proposition.
On les a invités à dîner. On attend toujours la réponse... alors que c'était prévu.

Ils sont tous Belges.
Leur spécialité n'est ni la frite ni la gaufre, mais... le silence.
Ils ne connaissent pas les excuses, ne savent pas dire : excuse-moi, j'y pense toujours mais ce n'est pas possible actuellement. Ou même, faire preuve de franchise, et dire qu'ils ont changé d'avis.
Un Belge embarrassé ou qui change d'avis se taira... mettra sa proposition dans sa poche avec un mouchoir par-dessus, en pensant qu'atteint d'Alzheimer, vous n'y songerez plus...
Ce sont les champions de la non-réponse. Une norme chez eux.
C'est juste insupportable.

Je veux bien être atteinte de la tare consistant en une incapacité à  choisir un copain, un ami, une relation... mais que le même scénario ne se reproduise systématiquement qu'avec des Belges, il y a de quoi se questionner sur l'éducation à la politesse dans ce pays.
En même temps c'est vrai... si les Catalans détiennent le record absolu d'impolitesse quand tu les laisses passer lorsqu'ils traversent la rue ou sont au volant, la norme étant l'absence de tout regard, les Belges doivent arriver en seconde position en la matière. J'évalue à 25% de merci, 75% d'ignorance.
Et dire que je me plaignais de la France ! Je comprends, aujourd'hui que je suis expat, pourquoi ma famille catalane riait en entendant tous nos " s'il te plaît " et " merci " ! Il semble que, si nous en sommes inconscients, nous soyons tout de même les champions de la politesse (j'exclus les pays asiatiques, certes spécialistes des courbettes à n'en plus finir, mais dont, paradoxalement, les habitants vous bousculent sans la moindre excuse)... même si, bien entendu, on trouvera toujours nombres d'exemples prouvant le contraire.

Je préférerais presque un... Ta gueule, que ce silence national !

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04 février 2015

RECRUTEMENT POUR LE DJIHAD !...

Faire son Djihad... je suis pour, je vous convie tous à vous y engager ; à, comme Namoureux et moi, suivre Ismaël Saïdi et ses compagnons sur les routes du Djihad !

Hier soir, nous avons passé une magnifique soirée en compagnie de Djihadistes au grand cœur. Ils nous ont raconté leurs motivations, mais aussi expliqué leurs doutes. Ils ont raconté les morts, les prises de conscience trop tardives, le retour vers le néant, l'incompréhension. Ils nous ont fait rire avec leur naïveté... tel le ravi de la crèche, instruit, qui a fait des études supérieures, mais ne comprend rien à ce monde. Nous nous sommes gondolés de rire face à l'absurde, l'inconscience...
Ils nous ont expliqué le Coran, ou plutôt leur ignorance des textes, car ils n'en connaissent que ce que certains leur rabâchent, sans jamais l'avoir lu eux-mêmes... et nous avons ri, mais ils nous ont aussi parlé des raisons les poussant à devoir haïr et tuer ceux n'épousant pas leurs idées... et nous avons ri...
Et puis la mort est arrivée... et là... plus de rire. Juste des cris, des sanglots, des larmes retenues avec peine tant l'émotion était forte... y repenser pour écrire ses mots me fait remonter les larmes...

Ismaël le sage ;  Reda le fameux ravi de la crèche amoureux de la mauvaise femme, présent par accident sur le chemin du Djihad ; Ben, l'ancien rockeur repenti... mais aussi Michel, l'Arabe chrétien, nous ont entraîné entre rires et larmes, dans un tourbillon sans une seule minute de répit, jusqu'à ce que...

Ismaël, 38 ans, ancien flic, ayant étudié les sciences humaines et sociales dans une université catholique (oui, lui, le musulman), a grandi dans une commune défavorisée de Bruxelles... et ne lui parlez pas " d'intégration " !  Il est Belge ! Pas immigré... il ne ressent en aucune manière le besoin d'être intégré ! Suite à une discussion qu'il a eu avec le bourgmestre (maire) d'Auderghem (une des 19 communes bruxelloises), ce dernier a donné cette INTERVIEW. Il semble donc que les propos d'Ismaël aient été entendus, et compris (minute 12'08'') !
Ismaël a écrit et mis en scène Djihad,  cette pièce qu'il interprète, de façon bouleversante, avec ses amis. Il s'est servi, naturellement, de ce qu'il a observé dans sa ville, du vécu des gosses laissés pour compte qui un jour basculent après avoir écouté les sirènes mortelles des faux prêcheurs de paradis... ces paradis artificiels... comme autrefois, mais si différents... autres temps, autres mœurs... plus mortels encore que le LSD...
Ismaël maîtrise à la perfection l'art dramatique... le rythme est soutenu, il alterne sans cesse entre rire et larmes, larmes et rire... Il ne tombe jamais dans la facilité, aucun pathos, le ton est juste... parfait.

Quand les lumières se rallument l'émotion est palpable... et Ismaël garde longtemps encore les larmes aux yeux, ému par ses mots, par le personnage qu'il incarne, par sa détresse,  mais sans doute aussi par ce partage avec la salle...

Le bouche à oreille fait son travail, toutes les représentations ont été prises d'assaut, les gens devant même s'installer sur les marches !!! Les scolaires de toutes les communes bruxelloises viennent, et Ismaël tient à ce que les origines sociales soient mixées. Ce soir, c'est la dernière... enfin, officiellement. Parce que le Djihad d'Ismaël a un bel avenir devant lui... il devrait partir en tournée et... est même prêt pour l'exportation. Une adaptation, avec des dialogues " spécial France " demandeuse de ce Djihad plein d'amour, est prête. Oui parce que citer Molenbeek, des stations de métro bruxelloises, etc... ça ne parlerait pas vraiment au public gaulois !

Alors, puisque l'aventure djihadiste ne fait que commencer, je vous convie du fond du cœur à être attentifs afin de ne pas louper l'opportunité de voir cette magnifique pièce si elle est jouée près de chez vous. Mais... vous pouvez aussi faire des kilomètres pour aller l'applaudir, car elle en vaut vraiment le coup !!!
Pour info... à Bruxelles, les places nous ont coûtées 5€ chacune !

Cette pièce devrait être déclarée d'utilité publique !

Merci merci merci, encore mille mercis à Ismaël, Reda, Ben, Shark Carrera (Michel) et à tous les gens qui permettent à cette pièce de vivre...

Djihad



Je me permets de partager un texte d'Ismaël Saïdi. Ma copine Fouphie l'a partagé sur un réseau social... et c'est ainsi que " j'ai fait la connaissance " d'Ismaël...
Ce texte m'a beaucoup touchée, et j'espère qu'il en sera de même pour vous.

Texte de Ismael



Bien entendu, Ismaël peut rectifier mes propos s'ils comportent des erreurs... et s'il préfère que je retire son texte (A l'heure où j'écris, il est sur scène, et je ne lui ai pas demandé la permission de le publier), aucun problème.


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20 janvier 2015

C'EST UN BELGE QUI LE DIT...

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Voilà, mon Namoureux belge a fini par l'avouer, après 6,5 ans d'amour et 2,5 à vivre ensemble à Bruxelles. J'en avais pourtant fait mon deuil, croyant que jamais il ne le reconnaîtrait.

Vendredi dernier il rentre un peu plus tard que prévu en m'expliquant ne pas avoir vu le temps passer, tant la discussion avec ses collègues était intéressante. J'étais donc ravie qu'il ait ainsi échangé sur un thème autre que professionnel.
Il ajoute que je vais être contente car... j'ai raison.
Ah ?!!! Eh bien tant mieux si j'ai raison, même si je me demande bien à propos de quoi !

Le mercredi 7 janvier au soir, plus défaite qu'il n'est possible de l'exprimer, je demande à Namoureux s'il est okay pour me conduire à l'Ambassade où un rassemblement était organisé.
Il ne savait pas ce qu'il était arrivé... je lui explique entre deux sanglots, et natrellement il accepte de suite.
Arrivés sur place, comme l'endroit est fort peu pratique pour que la presse fasse son show, soit filme et photographie la douleur... on nous a renvoyés vers la place du Luxembourg, où se trouve l'Ambassade Suisse, ainsi que des cafés et restaurants !
Au bout d'un assez court moment, Namoureux m'a proposé de rentrer à la maison. J'ai acquiescé, soulagée...
Mon Belge était atterré de constater l'ambiance régnant sur cette place où, normalement, le recueillement, le besoin de rassemblement étaient de mise...
Ainsi, nombre de ses compatriotes téléphonaient à leurs proches pour raconter leur sympathique petite sortie... les conviant à les rejoindre ; d'autres discutaient plaisamment en profitant de l'occas pour s'échanger les dernières news sur leurs gnomes ou blagues du moment et, cerise sur le gâteau, il y avait ceux qui balançaient à la cantonnade : des bières, j'en prends combien ?!!!
La Mochegique dans toute sa laideur...
Au centre de tout ce cirque, les personnes vraiment concernées... parce qu'il y en avait. Mais peu au final.
Et moi en larmes. Ces larmes qui ne m'ont pas quittée durant plusieurs jours.
Moi, Française, directement touchée, effondrée, parce que c'est dans ce genre de circontances qu'on s'aperçoit que le deuil touche sa famille... alors que pour les Belges, ils s'agissait des voisins... et dans ce cas, point d'effondrement, point de peine réelle... et dans leur cas, même pas de respect !

Premier choc donc pour mon Namoureux qui a vécu de l'intérieur, sans aucune possibilité de le nier, la réalité de l'attitude belge.
Et il n'a pas aimé ce qu'il a vu.

Vendredi dernier, j'avais donc raison...
Mais à quel propos ?
Eh bien, la discussion portait sur Charlie et M'Bala M'Mala, autrement dit sur la liberté d'expression en France. La France, sujet de préoccupation principale, que dis-je, obsession des Belges francophones.
Bien entendu, tous ces braves gens étaient outrés ! Comment osait-on s'en prendre à M'Bala M'Bala et soutenir Charlie ?!!!
Namoureux a alors demandé qui avait vu les derniers spectacles de M'Bala M'Bala... bien entendu, personne ne les avait vus !
Là, il a expliqué ce que lui avait entendu, comment s'opérait la manipulation des plus sots, comment les petits traits d'humour à priori bien anodins se transformaient peu à peu, au fur et à mesure de l'avancés du spectacle, en un infecte antisémitisme... tout cela si bien amené que les spectateurs les plus aveugles ne s'apercevaient pas que le registre avait changé, que l'humour avait disparu, qu'ils riaient aux mêmes blagues que celles qui s'échangeaient dans les années 30 / 40...
Il a parlé des liens de M'Bala M'Bala avec l'extrême droite... ceux avec Alain Soral... de ses rapprochements avec le pouvoir iranien et son interview, aux propos purement antisémites et haineux, accordée à la télé iranienne...
Namoureux a raconté tout ce qu'il savait pour s'être documenté, mais qu'ignoraient tous ses collègues qui, comme la majorité des Belges (je parle toujours des francophones, car les Flamands se foutent parfaitement de ce qu'il se passe ou non en France), la ramènent à propos de tout sur la France sans rien savoir...
Et il m'a dit : tu vas être contente [non, en fait j'aurais mieux aimé me tromper !], c'est vrai... les Belges ne connaissent rien à la réalité française et parlent sans savoir !

Et pour la première fois il m'a dit... il a reconnu ce qu'il avait toujours nié : Oui, c'est vrai, tu as encore raison, les Belges (francophones) n'aiment pas les Français !
Et là, encore plus... comme j'aurais aimé me tromper !

Cours de rattrappage pour ceux qui auraient loupé ces billets...
SUSCEPTIBILITÉS BELGES...
EXPAT TAG...
AVIS DE DENRÉE RARE : BELGE COURAGEUX À L'APPROCHE SUR PISTE GLISSANTE

 

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02 mars 2014

PLAISIRS BELGES

041005205514_46Mais non, tout n'est pas à caguer en Belgique. La preuve !...

Dans le désordre, et comme me viennent les idées... j'aime :
- Ma voisine d'en face, une charmante dame âgée. Bon d'accord sa grand-mère était Française... ça a du déteindre !
- Sarah, une autre voisine de ma rue, instit en maternelle, vachement causante et marrante.
- Les prix chez Colruyt (supermarché belche). Ouais, on s'raccroche à c'qu'on peut !...
- L'attitude des Belges sur l'autoroute. Ils se rabattent d'office vers la gauche, pour laisser entrer les automobilistes qui accèdent à l'autoroute.
- Le fait que les quartiers de Bruxelles ressemblent souvent à une succession de villages, à commencer par le mien. Il y a même des faucons (les vrais étant au sol...) en haut de l'église de mon secteur.
- Les restaurants à la pelle, aux cuisines très variées, de très bon niveau, et aux prix plus sympa qu'en France. Rien qu'à côté de la maison : environ une dizaine.
- Les friteries, ouvertes très tard. En particulier, celle à côté de chez moi. Seuls les Belches savent faire les frites. Les Ch'tis peut-être aussi, mais je n'ai jamais testé, vu que la frite ne fait pas partie de ma culture et que je ne m'en gave pas.
- Les gaufres. Là c'est clair... les Belches sont les seuls à maîtriser ! Le Gaulois ne sait faire qu'une espèce de pâte à crêpe compressée, molle et lourde !
- Le fait d'être directement dans les champs une fois sortie de Bruxelles (bon d'acc c'est moche, mais c'est la campagne).
- Le moulin à Anderlecht à côté d'Appelboom, un de mes restau préférés.
- Les innombrables et magnifiques parcs, voir bois, de la ville.
- L'art flamand, déjà évoqué x fois.
- L'ouverture plus tardive qu'en France des magasins d'alimentattion, voir même le dimanche.
- Les Pays-Bas à moins de 2H00 de route !
- Auchan à 1H00 de route environ... à Lille !
- Le fait qu'on ne paye ni l'essence, ni l'entretien de la voiture à Namoureux !
- Les méandres de la Semois. Mais ça je l'avais déjà évoqué...
- Lapin et la famille Lapin... mais ça aussi j'en ai déjà parlé ! J'en ai même fait un billet ! J'ajoute Jamal, Patrick, Seb et Jeff. Les oubliés peuvent former un recours. Il sera examiné dès que j'aurai du temps envie.

J'ai eu beau laisser reposer quelques jours... j'vois rien d'autre à ajouter. Mais juré, dès que j'trouve un autre truc, je vous préviens !!!
Je pourrais ajouter les nombreuses crises de rigolade comme aujourd'hui avec les copains, mais ça n'a rien de typiquement belche...

Illustration : les méandres de la Semois dans les Ardennes. Le seul paysage réellement beau que je connaisse.
Voyez, je n'ai rien dit de négatif hein !...

PS qui n'a rien à voir : je rappelle à certains névrosés qui me lisent sans jamais commenter, voir sont abonnés anonymement ou pas (là, je ne peux plus rien faire pour leur cas...), et dont je connais l'opinion, laquelle opinion les pousse à mentir sur le contenu de mes écrits afin de me discréditer, à tenter les coups de pute... je rappelle donc à ces buses menteurs maso lecteurs, l'existence du petit sujet qui se trouve ICI.


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24 février 2014

AVIS DE DENRÉE RARE : BELGE COURAGEUX À L'APPROCHE SUR PISTE GLISSANTE

Oh-Toi-Le-Belge-C1Il y a quelques temps j'ai reçu un mail, en guise de réponse au billet sur l'expatriation... de la part d'une Belche.

Il s'agissait bien d'un mail, non d'un com classique sur le blog. La personne souhaitait s'adresser à moi, mais sans que son avis ne soit partagé sur le blog, d'où le choix du mail.
J'ai beaucoup apprécié d'avoir enfin une réaction belge puisque, rappelons-le, comme je l'ai expliqué, le Belge ne donne jamais son avis, sauf sur ce qui ne le concerne pas, soit sur ce qui ne le met pas en danger. Et cette attitude m'insupporte.
Cependant, le fait de refuser toute confrontation avec les lecteurs du blog m'a d'abord beaucoup étonnée. Quel intérêt de repondre à un sujet sans vouloir partager son avis ?
Dans un premier temps, je me suis résignée à suivre la volonté de ma lectrice, puis rapidement je me suis dit que c'était mon blog, et que donc ça n'était pas à elle de fixer les règles du jeu. J'écris sur un support de ce type pour démolir du Belche échanger à plusieurs. Je ne recherche pas de correspondants comme lorsque j'étais gamine, pour perfectionner ma pratique des langues étrangères ! En outre, mon blog n'a pas vocation à ressembler à SOS Amitié, où chaque conversation est privée...
Donc après m'être faite toutes ces réflexions, incluse celle selon laquelle, finalement, elle donnait peut-être son avis, mais n'assumait pas plus que ses compatriotes plus hypocrites faux-culs silencieux que les apnéistes en plongée, j'ai décidé, après avoir demandé leur avis à plusieurs copines blogueuses, de résumer son texte avec mes mots et de publier cet avis, puisqu'elle ne voulait pas que ses mots paraissent.

Nous avons échangé quelques mails. Déjà je l'ai remerciée. Logique : elle avait pris le temps de créer une adresse (bien anonyme... ouais, un brin parano quand même !...) pour me répondre, et m'avait gratifiée d'une jolie prose. Puis après deux ou trois échanges, elle a elle-même hésité à être publiée. Chouette, je n'aurais peut-être pas à me farcir le périlleux exercice du résumé de texte ! Mais restait le difficile choix si elle se décidait : commentaire à la suite de mon billet sur l'expatriation, ou nouveau sujet réservé à cette réponse ? Telles étaient les questions que je lui posais puisqu'elle envisageait la publication.
Finalement, elle m'a dit banco pour la publication dans un nouveau billet !
Génial ! On allait donc voir s'il y aurait discussion ou... monologue.
Alors merci chère Belge Secouée !

Je vous imagine déjà hilares, vous disant que je ne la rate pas ! Bah non... c'est le pseudo qu'elle s'est choisi, toute seule, comme une grande. Moi j'aime bien, forcément, l'idée d'un secouage synonyme de " Belge à la masse " !... Mais je ne pense pas que cela ait été son idée !!! (Hé... j'pouvais pas la rater celle-ci ! ;) )

Voici le copié collé du mail de ma Belge Secouée.

"Chère Humeur de Crapaud, (Oui, depuis je lui ai expliqué que je suis Lydoue... et je connais même son prénom ! Le numéro de CB avec le code devrait suivre...)

Tout d'abord, j'imagine que vous vous en douterez en lisant l'adresse e-mail : commenter les blogs ne fait pas partie de mes habitudes. Alors, pourquoi le vôtre ? Parce que je suis belge, et que j'ai été secouée par l'article du 29 janvier 2014. Secouée : à la fois touchée et heurtée, hésitant entre l'envie de vous dire « mer...ci » et « mer...de ! ». Et pourquoi le faire maintenant ? Parce que, suite à cette lecture, j'ai lu tout le blog d'une traite, et que je suis arrivé aux premiers articles, ceux qui parlent de la différence entre un blog et un journal intime : vous avez choisi d'écrire un blog, donc vous attendez des réactions.

Merci, parce que, pour la première fois de ma vie peut-être, je réfléchis à ce que signifie « être Belge », alors que je suis en Belgique. Lorsque je suis à l'étranger, ce questionnement me parait tout à fait légitime : j'écoute ce que les gens autour de moi pensent de mes compatriotes et de moi-même, je ris ou je me vexe, j'acquiesce ou je réfute, j'explique parfois. Et d'une manière générale, par mon comportement, j'infirme ou je confirme les stéréotype courant à notre sujet.
Aujourd'hui, je n'ai pas fait la démarche de sortir de mon pays (enfin, techniquement, si : par un enchaînement improbable de liens d'un blog à l'autre, j'ai voyagé, et j'ai atterri chez vous, mais c'est une autre histoire), et je suis confrontée à ce questionnement. Je considère en général que ce questionnement m'aide à grandir : c'est pour cette raison que je souhaite vous remercier.

Ici, il convient de battre en brèche un préjugé : non, tous les Belges n'ont pas le sens de l'humour, ni de l'auto-dérision. Il existe au moins une personne en Belgique qui ne l'a pas : moi. Alors, je sais bien que vous mettez vos lecteurs en garde (« Ne connaissant pas personnellement chaque Wallon et Bruxellois, je généralise »), mais voilà : cet article m'a blessée. Ceux du 20 mai, du 18 septembre et du 18 octobre 2013 aussi.

Et quand j'ai mal, je dis des gros mots. Donc : merde !

Merde, parce qu'opposer francophones antipathiques et Flamands so cool me semble affreusement léger, même si je comprends la démarche : moi aussi, j'ai l'impression que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, quand je suis entourée de gens dont je ne comprends pas la langue. Et je suis sacrément dégoûtée quand je replonge dans le monde francophone, redécouvrant avec horreur que, parfois, c'est à moi que s'adressent les « hé, la moche » gratuits prononcés en pleine rue, ou que les gens peuvent gueuler comme des poissonniers pour des broutilles, et rester parfaitement silencieux quand il faudrait hurler. Et je crois que, si je maîtrisais la langue des gens qui m'entourent quand je ne suis pas dans un milieu francophone, j'aboutirais à la même conclusion à leur sujet. Par conséquent, je pense que vous arriveriez aussi à cette conclusion.

Merde, parce que si vous, Français, avez été nourris de « les Belges sont sympas et chaleureux », nous, Belges, avons été nourris de « les Français méprisent les Belges, qu'ils trouvent un peu cons ». Donc, vous vous attendez à trouver quelqu'un de sympa et chaleureux, nous nous attendons à trouver quelqu'un de méprisant. Vous agissez en conséquence, et nous aussi. Je comprends votre déception. Je comprends aussi le besoin d'évacuer la frustration en écrivant : c'est aussi comme ça que je gère mes déceptions. Qu'est-ce que j'ai pu pester contre les gens qui m'entouraient lorsque j'étais à l'étranger (quand bien même ils m'avaient accueillie comme une reine !).

Par contre, là où j'ai vraiment envie de vous dire merde, c'est parce que vous le faites sur un blog. Précisément parce que c'est public : ce que vous dites, de la façon dont vous le dites, peut blesser des gens qui ne vous ont pas provoquée. Et entraîner des réactions primaires, genre l'envie de vous envoyer paître, plutôt que d'essayer de comprendre votre point de vue, et d'essayer – avec vous – d'améliorer votre quotidien en Belgique. Oui, je vous en veux, de provoquer dans ma tête des réactions primaires, un peu sur l'air de "La Belgique, on l'aime ou on la quitte".

Voilà, je suis arrivée au bout de mon argumentation. Le but n'était pas de vous demander d'arrêter d'écrire vos humeurs à notre sujet. Premièrement, vous ne m'écouteriez pas. Deuxièmement, je ne suis pas certaine que ce soit souhaitable : je trouve votre méthode d'expression contre-productive, mais je ne prétends pas détenir la vérité absolue.

Par contre, je vous demanderai de ne pas publier ce texte, ni le réutiliser d'une façon ou d'une autre sur le blog, ou tout autre support. Dans la vraie vie, je préfère une discussion « entre quatre z'yeux » avec des interlocuteurs qui ont eu accès à toute l'information, qu'un débat fourré de jugements à l'emporte-pièce proférés par des intervenants peu informés. Je préfère donc vous contacter en privé, et attends que l'éventuelle conversation qui découlerait de ce message reste privée, elle aussi.
Nous n'avons pas gardé les cochons ensemble, et vous ne divulguez pas votre nom, ni votre image, sur internet : moi non plus. C'est pourquoi je signerai simplement « Une Belge secouée ».

Cordialement,


Une Belge secouée. "


Alors, avant de répondre, car je n'ai toujours pas répondu au mail de MA Belche, je vais attendre de voir si certains d'entre vous souhaitent intervenir.
En tout cas... encore une fois, et très sincèrement, merci pour cette prose, ainsi que pour la réflexion ayant abouti à la publication de cette dernière. ;)

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18 octobre 2013

SI ÇA N'ÉTAIT PAS RIDICULE, ÇA M'FERAIT STROMAE !

J'aime bien Stromae.
Il a du talent, il sait faire sonner les mots. Il a plus de voix que Carlita en plus...
Quant à ses clips... vachement inspirés tout de même.


Les Belches, toujours en incessant besoin de reconnaissance, sont obsessionnels sur la question. Au point que j'ai mis un temps fou avant d'écouter certains titres de son nouvel album, tant la presse écrite comme parlée nous en fait bouffer à tous les repas ! Overdose.
C'est tout juste s'ils ne le canonisent pas vivant ! Mais clair que s'ils en avaient les moyens, ils le feraient.

Ça touche au ridicule, à la crétinerie ultime...
Vous rendez-vous compte, il y a quelques jours RTL diffusant le dernier match de l'équipe Belche de foot (qualifiée pour le mondial... là aussi ça promet des jours heureux...), bref RTL a OSÉ passer de la pub pendant que l'Idole chantait durant la mi-temps ! Un scandale outre Quiévrain. Ri di cu le .  Nan mais sans déc, ça a fait la une des journaux !!!
On sait bien que les chaînes de télé sont de grands mécènes vivant d'amour et d'eau fraîche !
RTL s'est défendue en disant que Stromae devait chanter avant le début du match et non à la mi-temps. Vrai, faux ? Je m'en tape. Ça reste complètement crétin tout ce cirque.

Ils sont si insupportables avec leur belgitude qu'on lit partout qu'en gros le gars c'est le nouveau Brel ! Bah tiens.
S'ils étaient un peu plus honnêtes et avaient une oreille plus fine, ils constateraient que même si Stromae aime peut-être Brel (vaut mieux pour lui parce que sinon il risque clairement le bûcher !), il n'a, mais alors rien à voir avec lui. Par contre, qu'ils écoutent Nougaro... Ils entendront de vraies similitudes. Et dans la manière de faire résonner les mots, de les entrechoquer, et dans la voix.
Mon Belche maison pense également que c'est évident. Et pourtant, lui aussi parfois, il me fait caguer avec sa mauvaise foi Belge...

Ouais, mais reconnaître que l'idole du moment, fait penser à un Français... et non à un autre Belche...

 

 

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20 septembre 2013

A PRIORI ET LAPIN BELGE

Il est tatoué. Et piercé.
C'est un grand modèle. Grand et fort. Pas fort comme est aujourd'hui qualifié hypocritement un gros. Non, il est musclé.
Et gras ? Bah en fait, il l'est aussi !
Tu vois, le genre que lorsque tu rentres tard et que ça vient vers toi, tu préfères ou bifurquer rapidos ou changer de trottoir...
En prime, il porte des pantalons super larges en toile, d'un style incertain... sarouel médiéval, avec le fond du falzar au niveau des genoux. Le truc que, si tu y mets quarante couches Pampers l'une sur l'autre, taille diplodocus, y a encore de la place !
Lui, c'est Lapin.

lapins
C'est un des êtres le plus adorables que je connaisse. Je ne sais pas pourquoi je l'appelle ainsi. C'est affectueux, donc on se fiche de la raison.
Le gentil léporidé est marié depuis dix ans. Monsieur et Madame Lapin sont devenus accidentellement parents à dix-neuf ans. Il était évident qu'ils garderaient le bébé. Ce rejeton a aujourd'hui quinze ans, et le dernier Lapinou a huit ans.
La famille Lapin n'est qu'amour.
Le couple dégouline de tendresse, et les Lapinous s'adorent comme ils adorent leurs parents.
Je n'ai jamais entendu ces-derniers hausser la voix sur les enfants. Cela arrive peut-être, mais vu le caractère de Lapin, moins agressif qu'une réunion de bonzes en méditation, ainsi que celui de sa femme, prof de religion, qui adore les blagues pourries sur l'église – d'ailleurs, je me demande bien quelles blagues pourries elle n'aime pas ! – et qui possède une ouverture d'esprit plus large que celle de la mer Rouge lorsqu'elle a permis la fuite des Juifs hors d'Egypte... Bref, quand il y a un truc qui coince dans le comportement des Lapinous, on explique et on s'assure que la remarque est comprise.
Les gamins font des câlins à leurs parents. À huit ans, je veux bien, mais à quinze ans, vous connaissez beaucoup de garçons accrochés au cou de leur père ?! Ils sont potes. Quand on les voit, on ne dirait jamais un père et son fils. D'ailleurs, quand Lapin parle de son rejeton de quinze ans, il finit souvent sa phrase par un « il est génial mon fils ! » assorti d'un sourire fondant...
Lorsque le grand Lapinou est en congés, il va dormir chez des amis ou sort avec eux alors qu'il est minuit passé et ce, sans que ses parents sachent à la minute près où il est.
À quinze aaaaannnnns ?! J'en imagine déjà qui hurlent d'effroi. Ouais, à quinze ans.
Sauf que les jours où il a cours, le gamin décide lui-même de rentrer car il a décidé de faire ses études loin de chez lui (dans la même école que son Lapin de papa...), et il doit se lever tôt pour être à l'heure le lendemain. Nous l'avons vu faire. Le gamin raisonnable au possible. Boit pas, fume pas, a plein de copains et top sympa. Bah vous m'étonnez, c'est le double de son père, alors forcément, tout le monde l'adore ! Son père connaît ses propres amis depuis l'école. Gageons que Lapinou aîné gardera, lui aussi, les siens à vie. Son petit frère est en adoration devant lui, et ce dernier lui rend bien.

Comme le Lapin, madame Lapin et tous leurs amis par le passé, les Lapinous font parti des scouts.
Faut dire qu'en Belgique, c'est supra classique et forcément, ça a interpellé la Gauloise que je suis !
Il paraît que la France est... la fille aînée de l'église. Là, y a eu maldonne, parce que plus grenouilles de bénitiers que les Belches, tu meurs! J'ai beau être un crapaud, je suis profondément ancrée dans la tradition laïco-républicaine. Le Belche, lui, est royaliste et catho. Bon, je ne dirai pas qu'il va tous les dimanches à la messe (bien que dans la belle-famille il y ait des cas parmi les anciens), mais par contre, il y a des cours de religion au programme de toutes les écoles, fussent-elles laïques... Et si les parents refusent, ça se transforme en cours de morale (un truc que j'adorais quand j'étais gnome !). En outre, les scouts fleurissent en Belchique comme les colchiques à la fin de l'été.
Lorsque j'ai débarqué ici, j'avoue avoir été effarée. Wahouuuuuuuuu les ringaaaards ! Regarde, encore des scouts ! Pour moi scouts = religion = catho = coincés = passé.
Sauf que...

Plus catho et moins coincée que Madame Lapin, je ne connais pas. Pour pouvoir gagner à Chabada (un jeu nécessitant le QI d'une huître moisie), elle nous chante à tue tête et en se marrant des chansons catho, reprises en chœur par ses gosses hilares. Elle nous propose des jeux crétins, grossiers et emprunts d'une franche trivialité, qui nous font nous gondoler de rire. Oui, nous sommes tous joueurs « invertébrés », donnant principalement dans le jeu de stratégie, de gestion, le jeu de rôle, etc... Mais ça n'est pas parce que nous nous triturons les méninges chaque semaine, que nous ne pouvons pas nous amuser également bêtement, voire lamentablement ! Pour cela, Madame Lapin est pleine de ressources, et j'adore ça ! C'est notre récré !

Moins catho mais totalement restés dans l'esprit scout que le Lapin et ses amis, je ne connais pas non plus. Ils ont retenu les valeurs de Baden Powell, sans le côté religieux béni-oui-oui. Ils se connaissent pour la plupart depuis l'enfance, formant une vraie famille qui s'entraide de façon permanente.

Plus bad boy tatoué (genre François Hadji Lazaro, des Garçons Bouchers en plus beau !), mais au caractère parfaitement opposé à l'image qu'il projette de lui, je ne connais pas mieux que Lapin.
Ce garçon devrait être déclaré d'utilité publique pour combattre les idées reçues, les a priori... une certaine forme de connerie laissant souvent à penser que l'habit fait le moine !
Et Madame Lapin devrait être clonée pour remplacer certains catho gaulois, coincés, intégristes et empêcheurs de vivre qui ont démontré leur grande humanité à propos du mariage pour tous.

La France est peut-être laïque et républicaine, mais ce sont les Belches, royalistes et gravement catho qui, depuis belle lurette, se foutent « royalement » de ce que font leurs semblables de leur... biiiiip !
La devise Belge est : « L'union fait la force ».
Cette devise pourrait tout aussi bien être : « Vivre et laisser vivre ».
La famille Lapin en serait la mascotte.

Source illustration : www.tattoo-licorne-et-dragon.skyrock.com

 

ArticlepubliéSobusygirls

 

Posté par Lydoue à 01:15 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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