25 août 2015

LE SIONISME POUR LES NULS

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Suite au billet ANTISÉMITES SUR... SCÈNE, les  réactions ont été abondantes sur les réseaux sociaux (pas forcément sur mon compte d'ailleurs...). Par contre, sur le blog peu de personnes se sont manifestées, et nul n'a osé émettre de critique. Ah le courage...
Bref, une mise au point sur la définition du sionisme s'impose, parce que le nombre de conneries que j'ai pu lire est absolument effarant.

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La Déclaration Balfour (1917) représente la première réalisation politique majeure du mouvement sioniste, quand le Cabinet britannique a finalement confirmé, et soutenu, les aspirations sionistes pour un état juif.

Le sionisme est une doctrine politique développée, à la fin du 19ème siècle, par Theodor Herzl. Il  a donc posé les fondements de celle-ci, et les a exposés dans son ouvrage,  " Der Judenstaat ", soit  " L'Etat des juifs " (ou l'Etat Juif, c'est selon... mais la traduction littérale est bien celle que je donne en premier). Pas de panique... le texte n'est pas très long !
Les trois principaux fondements du sionisme sont ceux énoncés ci-après...

1/ Le  peuple  juif est une réalité.
Or... je cherche encore le rapport entre Séfarades, Ashkénazes et Falashas... Origines, langues, cultures... aucun rapport.
J'ai donc vraiment des difficultés avec cette notion de " peuple ".
Les Ashkénazes viennent de l'Est de l'Europe, alors que les Séfarades sont issus de la diaspora qui a fui l'Espagne et le Portugal à partir du 15ème siècle, pour cause d'Inquisition, afin de s'établir sur les rives de la Méditerrannée. Quant aux Falashas... ils sont Ethiopiens, ainsi change t-on même de continent avec cette troisième communauté.
Ma famille maternelle a fui en Turquie, à Istanbul... ancienne Constantinople ou Byzance. D'autres sont partis au Maghreb, et dans une moindre mesure dans les autres pays du pourtour méditerranéen, jusqu'au Moyen-Orient..

Moi, Séfarade, je me reconnais par exemple bien plus dans les traditions culinaires d'un Marocain musulman, que dans celles d'un Ashkénaze dont la cuisine s'apparente à celle des pays de l'Est ; voire même dans son exubérance, sa manière " d'occuper le terrain " !
Quant à la langue... les Ashkénazes parlent très souvent encore le yiddish (un dérivé de l'allemand) (qu'on me corrige si je me trompe !), alors que les Séfarades parlent, du moins dans le peu de familles ayant conservé la langue, le ladino ; le ladino étant l'espagnol tel qu'il était parlé avant la conquête arabe.  Par exemple, on prononce le " j" comme en français, et non pas comme le fait l'espagnol moderne avec la " jota ", ce son r très dur, hérité des Arabes.
Ma famille a conservé le ladino comme mode d'expression, en plus de la langue du pays où elle vivait. Mes grands-parents sont donc arrivés en France dans les années 20, en parlant, ladino, turc et français.
Un Espagnol pourra sans souci converser avec quelqu'un s'exprimant en ladino.
Vous noterez qu'entre l'allemand et l'espagnol... il y a aussi un sacré distingo.

Quant à l'hébreu... c'est la langue officielle l'Israël, parlée également par les juifs croyants ou ayant une éducation religieuse, puisque les prières se font dans cette langue, quel que soit le pays.
Notez que même en hébreu... la prononciation diffère suivant qu'on soit Ashkénaze ou Séfarade.

Cependant, malgré toutes ces différences, je me reconnais comme appartenant à une communauté. Mais à un peuple... bah non, je ne vois pas.

2/ Le peuple juif ne peut être assimilable.
Oui, je sais, la religion se transmettant par la mère, il faut donc, lorsqu'on est un homme juif, se marier avec une femme juive si on ne veut pas que la judéïté se perde.
Certes. Mais dieu (tiens, le r'voilà lui ?!!!) que ce principe isole, favorise le communautarisme.
Alors, oui je sais aussi que... les juifs ne sont pas les seuls à préférer les mariages au sein de la communauté. L'humain est souvent ainsi fait... même couleur, même pays, même religion. Mais là, c'est érigé en principe fondamental.
Maman s'est mariée avec un catho détestant toutes les religions... car il avait payé le prix de leurs folies ! (Papa avait mal commencé sa vie de catho en... urinant sur le curé lors de son baptême... un signe sans doute !)
Je suis donc juive, grâce à Maman... n'en déplaise à Papa, que l'idée que je puisse me revendiquer d'une quelconque religion (tout en ne croyant pas) (oui, les juifs laïcs existent aussi) (vous suivez toujours ???... parce que même moi j'ai parfois du mal !) rendait hargneux. Je n'ai d'ailleurs porté l'étoile de David qu'après son décès, pour ne pas heurter ses profondes convictions anarchistes.

3/ Le peuple juif doit avoir un territoire.
Maintenant qu'Israel existe, on fait avec, je défends son existence, son droit à se défendre. Mais la création d'Israël est juste l'Erreur Absolue... le cadeau empoisonné du monde d'après guerre, pour cause de culpabilité. Il s'est agit de sacrifier l'un pour donner à l'autre !
Les juifs ont certes un lien historique avec cette terre, mais faire prévaloir ce lien lors de la création de l'état d'Israël, sur le fait qu'un peuple non juif vivait sur cette terre depuis des centaines d'années, a créé le plus inextricable des conflits.
Aujourd'hui, deux peuples revendiquent la même terre... on ne peut plus revenir en arrière, d'autant plus que des Israéliens juifs sont, depuis 1948, nés dans ce pays, ni faire l'impasse sur le droit des Palestiniens à vivre dans ce pays qui est aussi le leur.

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Je suis donc anti-sioniste. Car c'est avant tout sur ces trois grandes affirmations que repose le sionisme.
Par la suite, la doctrine a bien entendu évolué, s'est étoffée, mais il n'en reste pas moins que les fondements sont toujours la base de cette idéologie politique.

Des bas de plafond, au QI aussi élevé que celui d'une coquille d'huître perlière vide, m'ont donc qualifiée d'antisémite, parce que me proclamant anti-sioniste... ce qui est énorme comme qualificatif, lorsqu'attribué à une juive, non ?! J'ai trouvé cela aussi distrayant que... crétin, mais surtout, ces décérébrés prouvaient combien les notions de judéité et de sionisme était méconnues, à quel point les gens mélangeaient, amalgamaient leurs significations, puisqu'ignorant totalement leurs définitions.
Le pire ? Tous ceux qui m'ont définie comme telle étaient sionistes !
Après ça, allez donc faire comprendre à des non juifs que judéité, sionisme et nationalité israélienne sont trois réalités différentes, parfois cumulées, mais pas systématiquement, loin s'en faut ! L'antisémitisme a de beaux jours devant lui...
Petit, mais utile rappel, l'antisémitisme est la haine des juifs, sans la moindre prise en compte de leur nationalité, opinions politiques, origine éthnique.
Pour le Larousse : Doctrine ou attitude systématique de ceux qui sont hostiles aux juifs et proposent contre eux des mesures discriminatoires.

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Pour terminer, le bonus...
- Judaïsme :
Religion des juifs.
Le judaïsme est la première des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) à avoir professé la foi en un dieu unique, qui s’est révélé pour la première fois au patriarche hébreu Abraham. (source : Larousse)
- Sionisme : Mouvement dont l'objet fut la constitution, en Palestine, d'un état juif. (source : Larousse)
- Israélien : Nationalité... comme Français, Espagnol, Congolais ou Ouzbek !
A ne pas confondre avec israélite, terme équivalent à juif, donc faisant référence à la religion et non à la nationalité !