Capture d’écran 2020-08-18 à 14Vendredi 14H30.
Ils nous larguent comme des merdes sur le parking du centre funéraire.
Je l’avais prévu et annoncé d’avance à Namoureux  puisqu’ils n’en étaient pas à leur premier coup de biiiip, même s’ils m’avaient dit passer ensuite à la maison sans toutefois rester dîner.
Nous n’avons pas fait ouf, pas bronché. Il nous reste encore de la tarte et tout ce qui était prévu pour la classique et incontournable collation post-mortem… entre personnes de familles civilisées.
Par la suite, Namoureux m’a dit que c’était plié à l’arrivée au centre funéraire, qu’il savait avec certitude qu’ils ne viendraient pas chez nous après la cérémonie… car ils se sont prestement délestés d’un paquet que ma Tata adorée avait réservé pour moi pour après son décès. Décès intervenu en février 2019, sans que nous n’ayons depuis revu qui que ce soit. Ça n’est pourtant pas faute d’avoir tendu des perches, voire des baobabs ! Parce que nous, nous sommes naturellement restés après la cérémonie lors du décès de Tata, alors que nous avions aussi 300 km à nous palper pour le retour et… les obsèques du père de Namoureux le lendemain matin !!! Tout ça en trimballant notre « curé portatif », à peine fatigué le pauvre (oui, je suis une juive profondément anti religion, mais respectueuse des croyances d’autrui). Pourtant, pas question de larguer nos proches dans cet atroce moment.
Mais 600 bornes aller retour quand le départ est depuis Bruxelles, c’est sans doute bien moins long et fatigant que si le démarrage est effectué depuis Reims… Et puis surtout, ça n’est pas comme si curé et Namoureux bossaient, eux…
J’avais aussi prévu depuis des années qu’une fois Maman et Tata parties, je n’aurais plus de famille. Eh bien, ça a été plus rapide que l’éclair !
Ils se sont barrés, bien que ne travaillant plus et étant en pleine forme. Punaise, sur le parking quoi, alors que Maman était en train d’être incinérée !... Le pire moment à passer.  Je pense que je n’atterrirai jamais, tant c’est inouï. Dégueulasse en fait, comme l’a exprimé la sœur de Namoureux.
Ils avaient déjà annoncé au téléphone ne pas vouloir rester dîner mais venir prendre un verre ensuite, parce que leur fille aînée, venue avec sa propre voiture, travaillait le lendemain ; la cadette devait rentrer chez elle, soit à 1H50 de chez nous et le frère très malade repartait chez lui le lendemain, drivé par son fils qui venait le rechercher !!!
Logique quoi… ça empêchait les parents de rester au moins un moment, alors qu’ils ne prenaient pas la route avec leurs filles et que le frangin ne conduit pas !!!
La seule chose totalement justifiée c’est que l’aînée des filles devait nourrir ses chevaux, après avoir déposé sa sœur chez elle pour laquelle elle faisait un grand détour, ce qui expliquait le fait qu’elle parte. Lorsque l’on a des animaux, ils sont clairement prioritaires puisque nous en sommes responsables.
Vous me direz, les autres membres de la sainte famille disséminée çà et là en France ne nous ont même pas contactés (à part mon petit cousin sans doute trop sensible, le vil petit gueux). Oh bah oui mais je suis bien vilaine, paraît-il que certains voulaient participer à l’achat des fleurs, ça change tout pas vrai ?!
Qu’ils aillent se faire cuire le cul, même pas en rêve que je leur offre une bonne conscience. Et puis faire cramer des fleurs, non merci. Une rose jaune par personne présente, c’est ce qu’elle souhaitait. No more.

Il y a de nombreuses années, Maman étant en vacances chez moi, nous devions organiser un pique-nique à Chamonix pour voir les fameux cousins avant qu’ils ne prennent le tunnel du Mont-Blanc.
10H30, nous appelons pour savoir où ils en étaient puisque venant de Reims. Clairement une illumination !!! Tranquilles, ils nous disent qu’ils sont à 25 bornes de la maison et qu’ils vont passés en Italie directement, sans s’arrêter.
Mais le pique-nique ? On en a pour un régiment… C’est l’occasion de se voir… On s’en faisait une joie…
Je n’en croyais pas mes oreilles. Connaissant parfaitement les entreprises bordant l’autoroute vers Bonneville, j'ai dû demander ce qu’ils voyaient pour être convaincue que ça n’était pas une blague !!!
Bah non, ça n’en était pas une ils passaient bien à Bonneville au moment où je leur téléphonais !
Et si on n’avait pas appelé, ils ne nous prévenaient même pas !
Maman était soufflée, et là elle a commencé à comprendre ce que je reprochais depuis des lustres. Plus de 10 ans après le gag, elle a fini par le dire à sa belle-sœur adorée, car elle en avait assez que celle-ci blâme mon attitude vis-à-vis de la sainte famille, donc vis-à-vis de ses gosses.
Elle a été estomaquée paraît-il, sidérée que sa fille ait pu faire ça. Et ça a aussi changé son regard sur moi, car elle a compris que d’être sans cesse zappée par ceux qui sont toute votre enfance, ça « agace » un brin.

Chaque année ou presque, ski aux Gets. Ils ne sont jamais venus à la maison. C’est moi qui toujours montais aux Gets, voire même à toute vitesse pendant ma pause déjeuner, puisque bossant alors à 20 km.
Je passe sur le fait de n’être jamais appelée… et de m’être ruinée en note de téléphone (oui, au temps des dinosaures, avant l’illimité) (3000F pour un mois), avant que, c’est le cas de le dire, je comprenne que c’était à sens unique et arrête les frais ! On m’a bien reproché : mais c’est toi qui es partie !!! Donc, c’était à moi de venir et d’appeler quoi…

Et après on se demande pourquoi j’avais du ressentiment.
Ma famille m’a manquée à crever. Après la tristesse est venue la colère.

Je passe sur le fait que j’avais aussi prévu que lorsque Maman ne pourrait plus prendre le train pour aller les voir, ils ne viendraient pas chez elle ?
Bingo une nouvelle fois. Malheureusement.
Maman a enfin compris ma colère…
En x années, s’ils sont venus la voir deux fois, c’est le bout du monde.
C’était pourtant devenu sa seule manière de voir sa belle-sœur adorée… à savoir, qu’ils viennent avec elle. Elles aussi se sont manquées à crever. Elles avaient quelques mois d’écart. Des nonagénaires lors de leur départ… à un an et demi d’intervalle.
J’avais même proposé à Tata de venir la chercher pour l’emmener voir Maman quand j’étais sur Paris… soit une bagatelle de 6H00 de route avec les allers retours. Mais je les aimais tant et elles s’aimaient tant… Bien entendu, et malheureusement, elle a refusé disant qu’elle ne pouvait faire cela. Je comprends bien que c’était un problème par rapport à sa fille qui ne lui proposait pas de l’emmener à Paris. Elle me disait, «  on ne fait pas toujours ce qu’on veut »…
Par contre, on a proposé à Maman de venir la chercher… sans comprendre que non, elle devenait aveugle et ne marchait plus assez bien pour changer d’environnement. C’était trop tard quand on a commencé à lui faire cette proposition. Et puis dans ce cas, pourquoi ne pas venir la voir simplement ? Le dérangement est différent ? La route plus longue ?!!!
Alors oui, ça oui, on lui a téléphoné. Ça a suffi quelques années pour tenter de se cacher la vérité, puis Maman s’est lassée, s’est détachée. Elle me disait qu’elle n’en avait plus rien à foutre de la sainte famille, qu'ils ne lui manquaient plus tant elle était déçue par eux.
C’est finalement moi qui, chose incroyable, ai convaincu Maman ces derniers mois que sa nièce préférée devait être pardonnée, car patati patata… J’arrivais presque à me convaincre moi-même, ayant renoué des relations téléphoniques régulières avec elle depuis le décès de sa mère en février 2019.
Maman a fini par me dire que oui, sa nièce était une fidèle car elle avait toujours… téléphoné.
C’est bien, elle est partie sans ressentiment contre celle qu’elle a vraiment beaucoup aimé. J’aurais été une bonne avocate…
Et puis, contre toute attente, ma petite cousine de 16 ans était présente. Un bien joli cadeau. Comme était aussi présent mon grand cousin si malade de Parkinson. Un autre cadeau.
Je n’oublie pas les coups de biiiiip, comme je n’oublie jamais les attentions.
Autrefois, j’étais comme mon père, je ne connaissais pas la rancune. Je m’énervais et passais à autre chose. J’ai changé. L’accumulation de déceptions m’a faite changer. Je le regrette infiniment. Mais aujourd’hui j’ai la rancune tenace, et alors que je reprenais tout de même contact depuis le décès de ma Tante – comme toujours, c’est moi qui ai systématiquement couru sottement après eux au lieu de me faire une raison- , il est clair que les événements de ce funeste vendredi d’août ne m’aideront pas à passer sur la réalité du désintérêt chronique de certains…

Merci de ne pas balancer de « condoléances », j’exècre autant ce terme que Maman le détestait, pas plus que de sots « RIP »… Bref, j’avais besoin d’écrire, de lâcher mon dégout, pas de me faire plaindre. Ça faisait longtemps que je n’avais pas utilisé mon blog défouloir. Je n’imaginais pas que ce serait pour parler de la suite infecte des obsèques de Maman…
Je pense qu’au final ce que je reproche en premier lieu c’est l’hypocrisie, les faux arguments pour se barrer, le manque de courage pour assumer « on se fout de toi, on ne t’aime pas ». Comme à chaque fois - oui à chaque petitesse, j’ai eu droit à des arguments imbéciles, jusqu’à la responsabilité d’autrui dans le fait de ne pas vouloir de moi un certain Noël… juste pour une journée, ce qui a privé Maman de son dernier Noël avec sa  famille, puisqu’après elle n’est plus sortie -, on m’a balancé des conneries que j’ai fait semblant de croire, parce que pas envie de sans cesse m’embrouiller, et encore moins ce vendredi.
Gageons que ce billet sera commenté en veux-tu en voilà à la cousine vivant sur les rives de la Méditerrannée, cousine que j'ai toujours bien aimée même si nous n'avons pas de contacts, mais sur laquelle la sainte famille a toujours craché (allumeuse, garce, etc) avant de devenir cul et chemise avec. Au moins avec cette mise... au poing, j'offre l'occasion de proférer d'autres mensonges pour se plaindre, casser du sucre et se justifier de l'injustifiable... soit des discussions pendant des années à propos de la bien vilaine fille que je suis censée être.

Finalement, incapables de rentrer, bien trop tristes et furieux, Namoureux m’a proposé de passer à la maison chercher du ravitaillement (nous n’en manquions pas !) car nous avions le ventre vide depuis la veille. 
Il était tôt… Nous avons donc roulé au hasard et avons fini en forêt dans un joli coin inconnu, sur un banc, entourés d’arbres somptueux et calmés par le chant des oiseaux. C’était l’endroit idéal pour faire face à ce moment pénible, rendu encore plus difficile par l’immonde goujaterie familiale.

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