L'amitié.
J'ai vraiment un souci avec cette notion. Ou plutôt non, moi je n'en ai aucun, je connais le sens du mot... contrairement à de nombreuses personnes que je croise aujourd'hui sur les réseaux sociaux, et qui me pensent être leur amie.

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Des amis, j'en ai deux, plus ma copine de fac que je mets à part parce que nous ne nous voyons pas, mais avec qui je suis toujours en contact.
Des vrais, pas des relations n'ayant que quelques mois d'existence. Nous avons tissé des liens qui ont mis des années à se renforcer, nous avons partagé des moments de vie ensemble, des joies comme des angoisses, nos liens ont connu les épreuves et donc, les preuves.
Mes amis, malgré les centaines de kilomètres nous séparant, malgré les appels téléphoniques pas toujours très nombreux, je les vois dès que possible, quitte à me lever aux aurores... ici, ou là-bas. Nos rencontres sont une fête. Je les espère comme une gamine attend Noël... je pense très souvent à eux... quand je vois des objets qui leur plairaient, quand je visite des lieux que je voudrais partager avec eux, quand je m'endors, quand je cuisine un plat qui les régalerait, quand je ris d'une couillonnade qui les ferait aussi marrer... bref, je pense à eux plusieurs fois par jour. Et si je songe à eux aussi souvent et en maintes circonstances, c'est  parce que le temps nous a permis de vraiment nous connaître et de savoir ce que nous pensons et aimons.
Je sais que quoi qu'il arrive, ils répondront présents comme je le ferai pour eux. Ce n'est pas du conditionnel, mais du futur... tout en espérant que jamais ce futur n'arrive, sauf s'il s'agit d'une raison heureuse.
Avec mes amis, cela fait  presque 40 ans pour l'un et  18 ans pour l'autre que nous tissons nos liens... on est loin du fastfood pseudo amical que représente Visage du Livre...

Aujourd'hui, les réseaux sociaux ont dévoyé le joli mot, " ami ". Alors...
Désolée, non je ne suis pas ton amie parce que nous nous sommes déjà rencontrés ; parce que nous avons discuté, même souvent ; parce que j'ai pu t'apporter un réconfort. Il manque le facteur temps, celui qui tisse l'importance du lien, celui qui provoque le manque quand l'autre est trop longtemps absent.
Je suis une copine, une relation, rien de plus. Et tu n'es pas plus pour moi, même si je t'aime beaucoup. Je suis dure, même cruelle ? Non, je veux juste que tu ne t'illusionnes pas, que tu ne sois pas déçu à cause d'une vision déformée offerte par internet. Je veux juste remettre les choses à leur place, redonner leur sens aux mots... leur sens réel. Parce que non, je n'irais pas cacher le cadavre avec toi si tu en avais besoin. Et là est le distinguo absolu entre amitié et copinage.

Quand, en termes de sentiments, je me questionne vraiment à propos de la différence existant entre un copain et un ami... c'est bel et bien le manque qui m'apparaît comme étant le facteur essentiel. Le copain ne me manque pas. Tant mieux si je le vois, et sinon je vis très bien sans.
Par contre l'ami, lui, me manque. Je piaffe d'impatience à l'idée de notre prochaine rencontre.

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Je ne m'attache pas, ou plus exactement, je ne m'attache plus. Avant, j'étais une sorte de lierre...  mais le temps m'a appris à ne pas avoir besoin de beaucoup de personnes autour de moi. Sans doute parce que je suis riche de l'essentiel : je suis aimée d'amour et d'amitié, tout comme j'aime d'amour et d'amitié.
Sans doute est-ce pour cela que je n'éprouve aucun besoin de m'accrocher à qui que ce soit... parce que parfois, c'est bien le sentiment que je perçois quand certains tentent de se faire trop présents, essayent de bien me faire prendre conscience de l'importance que je revêts à leur yeux. Sauf que, c'est leur responsabilité, c'est eux qui me parent d'une importance que je ne devrais pas prendre en si peu de temps... or, comme je n'ai pas vocation à jouer les bouées de sauvetage et que je nage fort bien... je risque de m'éloigner en battant le record du monde du 100 mètres nage libre.
Vouloir me responsabiliser en s'inquiétant sans cesse pour moi, en me sollicitant trop souvent pour prendre de mes nouvelles... voilà le meilleur moyen de propulsion en mode marche arrière que l'on puisse trouver en ce qui me concerne ! J'ai juste envie de me sentir libre dans une relation, ne pas avoir le poids d'une obligation de faire... parce qu'à part me contrarier, rien ne se passera de ce que l'autre attend. Le summum étant l'insistance à vouloir à tout prix que j'aille mal, si je ne me manifeste pas non-stop... ce qui semblerait rassurer certains qui justement ne vont pas forcément bien ! Cette inconsciente satisfaction de se dire : je vais pouvoir lui être utile, voire indispensable, si elle va mal...
Bah non. Je suis juste très indépendante. Et si j'allais vraiment mal, ça n'est certes pas à des copains que je raconterais mes déboires.
Je sais bien que cette insistance ne part pas d'un mauvais sentiment, je la verrais plus comme un transfert inconscient, un besoin de pouvoir aider. Mais non, s'il me faut un vrai réconfort je sais vers qui me tourner, je ne suis vraiment pas isolée. Et surtout... je déteste l'impression qu'on puisse vouloir me vampiriser... comme le fait, lorsque je consens à parler d'un sujet personnel, qu'on me conseille. J'abhorre clairement tout conseil ! Le fait que je parle ne signifie pas que j'ai besoin d'un avis ! Justement parce que nous ne nous connaissons pas assez pour qu'il soit fiable et éclairé...

Alors, si vous vous sentez concernés c'est peut-être que...
Mais inutile de me demander si vous l'êtes, car c'est à vous de savoir où vous vous situez.
Nous deviendrons peut-être amis un jour... si vous laissez le temps au temps, et si cela doit se faire, car l'amitié ne se décide pas, ne se provoque pas. Elle ressemble à tout sauf à Visage du Livre, ou à certains élans grotesco-lyriques de télé réalité durant lesquels les protagonistes s'adoooooorent en se faisant des câlins à n'en plus finir !

Sinon... je crois que je suis prête pour créer une nouvelle religion... et vu le nombre d'amis sur Visage du Livre, va y en avoir un paquet de nouvelles !!! Pas grave, ça donnera l'occasion de faire encore plus de guerres !

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