9782213681054-X_0Les extrêmes montent partout en Europe.
Conséquence : des projets de loi, comme en Espagne, qui reviennent sur le droit à l'avortement... Des manif comme celle de ce jour à Paris (26/01/2014), organisée par la nébuleuse " Jour de colère " dont on ne parvient pas à savoir grand chose à propos de ses dirigeants. Par contre, on sait que cette manifestation a réuni X mouvements d'extrême droite, voire d'ultra droite, où ont été scandés des slogans xénophobes, homophobes, des insultes antisémites, où ont été faits des saluts nazis, etc... Manif où étaient présents les anti mariage pour tous, les anti avortement, etc... Une bonne partie de ce beau monde reprenant en chœur des " chants " actuellement en vogue chez les fachos...
Cette manif a été récupérée (organisée ?... on ne peut le dire puisqu'on ignore qui est au centre de ce mouvement très, trop anonyme, " Jour de colère ") par des groupes profondément anti démocratiques et haineux.
A lire, un article du journal Le Monde, pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé et surtout, comment ont agi les très présents mouvements d'extrême droite : ICI.

Alors oui, réaffirmer par les temps qui courent que la France reste clairement favorable à l'avortement, et même affiner le texte de loi, est plus qu'essentiel. C'est une priorité pour défendre notre démocratie, contre ceux qui voudraient empêcher celles qui sont concernées de disposer librement de leur corps.
Remarquez comme, pour le mariage pour tous, ce sont encore ceux qui ne sont pas concernés, qui luttent pour interdire que ces libertés existent en France...

Si un jour la démocratie succombe dans notre pays, parce qu'on aura pensé que la défendre n'était pas primordial, qu'il y avait plus important... je doute qu'alors les sujets économiques, notamment, passionnent grand monde !
Avez-vous également noté comme dans les années 1939 à 1945, chacun se foutait (enfin hormi les collaborateurs naturellement) de tout ce qui n'avait pas trait à la lutte contre le nazisme ?
Devons-nous attendre que la peste brune gouverne pour regretter, et nous dire que nous n'aurions pas du oublier, négliger les leçons des années 30-40 ?... Qu'il est trop tard.
Hitler n'a pas surgi soudainement... Mussolini, non plus... pas plus que Franco. Ils sont la résultante d'une montée des extrêmes droites en Europe. Une montée que chacun s'efforçait de minimiser, chaque pays se croyant à l'abri...

le-manifeste-des-343-publie-en-1971

Si l'on veut être informé sur ce qui se passe dans notre pays, comme dans le monde ; même si l'on pense que le remaniement de la loi Veil est un " détail " n'ayant pour seul but que de noyer l'essentiel, on reste toujours libre de lire la presse, papier comme en ligne ; cette dernière livrant en direct, comme sur Le Monde.fr, l'actu quasiment en temps réel grâce aux dépêches des agences de presse... mais on peut aussi aller sur le site de l'Assemblée Nationale, pour connaître l'actu des propositions de lois, suivre en direct des débats à l'Assemblée comme au Sénat, en lire des compte-rendus, etc... Et reste aussi le Journal Officiel si l'on veut connaître précisément les textes adoptés.

S'informer est juste une volonté.
Se retrancher derrière l'argument selon lequel des lois comme le remaniement de la loi Veil sont juste un écran de fumée est, au mieux de l'inconscience, au pire de l'hypocrisie pour justifier sa fainéantise à rechercher l'info. Contrairement à ce que pensent certains, le travail des politiques ne s'arrête pas soudainement pour se focaliser sur ce remaniement, pas plus qu'au contraire il est en pleine accélération pour élaborer et voter à toute vitesse, le plus discrètement possible, des textes impopulaires.
En outre, ne pas prendre la pleine mesure de la montée du fascisme et la nécessité de la combattre, ici et maintenant, est dangereux.

Annexe : Témoignage à propos de l'avortement avant la loi Veil, qui a été posé en guise de commentaire sur un blog sur lequel j'interviens. Sa rédactrice, Sacajawa, m'a permis de le reproduire.

"Mais qu’est-ce qu’avorter ? Est-ce si facile ?
J’ai dû avorter en 1973. J’étais enceinte et j’avais un bébé de six mois et, malade je passais mon temps entre la cuvette des toilettes et les nombreuses fois où l’on me ramassait parce que je tombais dans les pommes …..
J’ai suivi un vrai parcours du combattant pour trouver un médecin qui veuille bien m’orienter vers des filières sûres, je me suis engagée à ce que mon action soit publique (comme les 343 salopes)…
Heureusement, mon mari et mes parents me soutenaient, ce qui n’a pas toujours été le cas de femmes que j’ai rencontrées et qui se retrouvaient seules avec leur souffrance.
Mon mari m’a accompagnée en Hollande … Réseaux bien organisés où les restaurateurs, hôteliers et médecins se faisaient des couilles en or sur nos problèmes. Chambres miteuses où nous avons dormi sur des lits de camp et louées à prix d’or. Les femmes ou les jeunes filles arrivaient de partout, de Belgique, de France, d’Espagne, d’Allemagne ….
Le matin du grand jour, rassemblement de toutes les patientes ( mot on ne peut plus juste) dans une immense salle, nous étions 50, 60, 100, je ne saurais pas dire, en chemise de nuit et nous écoutions le déroulement des opérations, puis ensuite, appelées toutes les deux minutes et autorisées à prendre 1 heure de repos après l’opération sur un lit de fortune. Une heure théorique, car au bout de 20 minutes à une demi-heure, on venait vous demander de céder la place à une suivante. C’était traumatisant, ahurissant et humiliant…
Cela nous a coûté deux mois de salaire …
Mais ce n’est pas tout … Ce n’est pas une simple formalité …. C’est quelque chose qui vous suit pendant des années, qui travaille la conscience, qui torture …
40 ans après, je n’ai pas oublié et je n’oublierai jamais. Je ne regrette rien, j’ai fait ce que j’ai pensé être juste, mais quand je vois cette haine imbécile, j’ai envie de vomir ou de leur mettre des claques à toutes ces harpies … "