J'ai beaucoup hésité à écrire à propos des Roms, sujet sur lequel seul le chœur angélique du politiquement correct se fait vertueusement entendre...  contrairement à la majorité des Gaulois qui, par la discrète voie du sondage, affirme approuver les propos de Manuel Valls mais qui, par contre, n'ose point en faire état de manière franche et assumée.

Durant de nombreuses années, j'ai accompagné des personnes en situation de grande précarité, souvent primo arrivants (populations migrantes récemment arrivées en France), et parfois réfugiés politiques. J'ai donc pu discerner ce qui était du domaine de la réalité ou du fantasme, quant à la représentation que nous nous faisons de certaines populations.

Petite info nécessaire : le terme générique de " Rom " a été adopté par l’Union Romani Internationale et par l’Europe pour désigner divers groupes qui se décrivent eux- mêmes comme Roms, Kalés, Gitans, Tsiganes, Gypsys, Manouches, Sinti, etc... selon les pays et les régions d’Europe où ils vivent.

2-Esmeralda_GinaAu royaume des clichés...

Tout d'abord le Rom, voyageur génétique, est une pure construction politique.
Selon Martin Olivera, anthropologue membre de l’Observatoire européen Urba-rom : " Il n’y a qu’une petite minorité de groupes qui ont une tradition de mobilité saisonnière, sur de petites distances et toujours à partir d’un point d’attache, lié à leur travail : ferronnerie, musique… Mais l’immense majorité d’entre eux est sédentaire. "
En ce qui concerne l'idée de " peuple ", toujours selon Martin Olivera, c'est aussi une aberration dans la mesure où chaque Rom se sent d'abord appartenir à un pays. Ainsi, le Rom de Transylvanie ne se sentira pas plus proche proche du Gitan de Perpignan, que moi juive Séfarade - pour établir un parallèle -, je ne me sens proche d'un juif Polonais, donc Ashkénaze.

Les Roms envahissent l'Europe.
Faux.
Ceux dont il est question dans le débat français sont environ 15 000. Or, ce chiffre est stable depuis fort longtemps. Ce sont les mêmes qui, profitant des fameuses aides au retour, rentrent au pays, puis reviennent. Bref, il s'agit juste d'un incessant va et vient, et non d'arrivées de nouvelles personnes. Il n'y a donc pas de risque d'un flux sans fin comme aimerait à le faire croire le FN...

Ils vivent tous dans des bidonvilles.
Faux encore.
Sur les 500 000 Roms (et assimilés) vivant en France, pratiquement tous sont installés, travaillent, voire sont Français. Eh oui, comme beaucoup de Français, ou ils sont naturalisés, ou leurs parents ou grand-parents étaient migrants mais eux sont nés en France et donc Français.
Vous notez le fossé entre 15 000 migrants, bien visibles et dérangeants, faisant pour certains x allers-retours, contre 500 000 personnes fondues dans la population, qui ne font jamais de vague puisqu'installées et travaillant, mais qui subissent la stigmatisation de certains n'envisageant pas forcément la migration comme eux...

Ils sont voleurs.
Pour rappel un seul fait : 500 000 personnes intégrées sur le territoire français, pas plus visibles que vous (enfin vous, j'sais pas ! ;) ) et moi.

Pour plus de détails, vous pourrez lire cet article de Libération : " Non les Roms ne sont pas nomades... et autres clichés "

Maintenant que certains éléments tenant plus du fantasme que de la réalité sont posés, voyons le plus honnêtement possible ce qu'il est de bon ton de taire.

Comme je ne suis pas politiquement correcte et à la recherche d'approbation, je le dis clairement : Manuel Valls a énoncé ce que je pense. Oui, certains de ces migrants m'emmerdent et n'ont rien à foutre en France.
Si l'on émigre pour raisons économiques, comme c'est ici le cas, c'est pour se construire une vie meilleure tout en respectant la légalité et les règles de vie du pays d'accueil.
Les personnes qui aujourd'hui sont l'objet de la polémique, sont issues de l'ex bloc de l'Est, soit de pays où l'idée d'état providence prévalait, et où, pour certains, l'Ouest faisait figure d'Eldorado.

Or, pour avoir accompagné de nombreuses personnes de ces pays, notamment de l'ex Yougoslavie, j'ai malheureusement pu établir un constat : parmi les personnes bénéficiant d'aides, c'est souvent chacun pour soi et dieu pour tous. Tant qu'on peut profiter du système, allons-y. Ce qui n'empêche pas une réelle générosité. Je suis par exemple devenue experte en dégustation de plats d'Europe de l'Est... mais parallèlement à ceci, accrochez-vous pour que soit acceptée l'idée de quitter le logement d'urgence, car d'autres en ont besoin et que, eu égard aux revenus de la famille qui travaille, le fait d'accéder à un logement payant soit justifié.
Accrochez-vous aussi pour faire comprendre que puisque tu vis en France, si tu veux un emploi, il faut apprendre la langue, sérieusement. Pas juste être inscrit pour le fun, afin de continuer à toucher les aides parce que tu as peur qu'elles sautent si tu ne fais pas au moins semblant ! Ce qui est à mon sens un minimum (non faire semblant, mais connaître la langue !). Car non, ça n'est pas l'employeur qui va apprendre ta langue ! Et non, tu ne vas pas vivre ad vitam eternam aux frais de la Princesse, ou juste grâce au minima des chantiers d'insertion, car d'autres attendent ta place !
Bien entendu, toutes les personnes que j'ai suivi n'avaient pas ce profil, mais c'était pourtant malheureusement bien souvent le cas.
Celles qui voulaient s'en sortir étaient de suite repérées car elles mettaient tout en œuvre pour apprendre, s'intégrer. Et de fait, elles accédaient très rapidement à un logement autonome et obtenaient un emploi non aidé.
Parce que...

Quoi qu'on en dise, la France est dotée de structures et moyens permettant l'accueil des migrants et leur intégration. Encore faut-il que ceux-ci souhaitent être aidés selon les règles définies par les lois de la République, et que ceux qui en bénéficient ne soient pas si égoïstes qu'ils fassent tout leur possible afin de demeurer dans les dispositifs d'insertion quand bien même ils n'en ont plus réellement besoin.

Quand vous allez à la rencontre de certains Roms dont il est aujourd'hui question, afin de leur faire comprendre que les gamins n'ont pas à mendier car c'est indigne et cruel, mais que par contre, il faut les scolariser pour leur offrir la chance d'accéder au savoir qui, plus tard, leur permettra de travailler pour avoir assez d'argent et  bien vivre, mais qu'il n'y a rien à faire pour que les enfants soient inscrits à l'école, ou alors le sont mais n'y vont jamais...
Quand vous proposez une possibilité d'emploi à une personne qui mendie à la sortie d'un supermarché qui vous répond qu'elle gagne bien plus en faisant la manche...
Et je passe sur les réseaux de pickpocket ou de mendicité dirigés par des mafieux, dont les médias nous ont largement abreuvés via les reportages, ainsi que sur les réseaux de trafic de cuivre, etc...
De même que lorsqu'on s'informe, et que l'on connaît la joie non dissimulée de certains pays (Roumanie et Bulgarie en particulier) de se débarrasser de délinquants candidats à l'immigration vers l'Ouest, lesquels pays refusent toute collaboration dans la lutte contre la criminalité de leurs nationaux hors de leurs frontières... il est juste de dire, STOP.

J'affirme donc que, ces gens là ne possèdent pas la même conception que nous de ce qu'est la vie en société et qu'ils n'ont rien à faire ici. (cf. plus bas l'article de presse Néerlandais)
Que les aides au retour sont une incitation à revenir (même si aujourd'hui elles sont réduites à peu de chose), et devraient être totalement refusées en cas de retour en France.
Que non, il est faux d'affirmer que la possibilité de travailler est fermée aux Bulgares et Roumains jusqu'à fin 2013, car ils peuvent justement accéder à bien plus de métiers que les non ressortissants de l'UE. Parmi ceux-ci figurent justement des emplois ne nécessitant aucune qualification. Liste ICI.
 
Mais surtout, que lorsque l'on souhaite être accueilli dans un pays étranger, on a certes des droits mais aussi des devoirs. Et si l'on réclame les premiers en refusant les seconds, c'est retour chez soi.
Il serait bon que justement le courant des pleureurs politiquement correct s'en aperçoive et soutienne des personnes intellectuellement honnêtes comme Manuel Valls, avant que le FN n'en fasse seul son crédo, et rafle les voix aux prochaines élections...

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Enfin, les Roms vus de l'étranger.

En Roumanie : " De l’argent, il y en a. La Norvège, par exemple, finance la Roumanie pour qu’elle intègre les Roms. Oslo va allouer au gouvernement roumain plus de 300 millions d’euros destinés au développement, 10 % de cette somme étant prévus pour l’aide et l’intégration des Roms. Que fera le gouvernement de cet argent ? ", in Courrier International du 10 au 16 octobre 2013 page 29, extrait d'article paru dans la presse roumaine.

En Bulgarie : " Malheureusement pour les reporters occidentaux, les Roms ne correspondent pas du tout aux clichés auxquels ils s’attendaient. Les Roms veulent passer leur bac et sortir de leur quartier, où ils ne peuvent pas vivre tranquilles. "
"  Depuis que les autres, ceux qui ne travaillent pas, ont commencé à venir, c’est difficile d’avouer qu’on vient de Bulgarie, explique un Rom qui travaille dans le BTP en Bavière. " in Courrier International du 10 au 16 octobre 2013 page 30, extrait d'article paru dans la presse bulgare.

Aux Pays-Bas : A propos des gouvernements des pays de l'est de l'Europe à forte population Rom. " Ils considèrent le banditisme itinérant comme un problème incombant à l’Europe occidentale. Ils sont contents d’avoir exporté leurs délinquants chez nous, dit la criminologue (Dina Siegel). Elle cite un homme politique roumain : Nous ne voyons plus trop de Tsiganes dans les rues ces dernières années, parce qu’ils sont tous chez vous. "
"  Je sais, le sujet est sensible. Nous l’avons déjà remarqué. Quand nous avons fait savoir que nous faisions des recherches sur les Roms et la criminalité, nous avons été attaqués verbalement par les organisations de défense des droits de l’homme. Il y a un gigantesque lobby qui protège l’image des Roms. Je brise le tabou. Ce n’est pas ma propre opinion, c’est une constatation : les voleurs à la tire, les mendiants, les voleurs à l’étalage sont pour la plupart des Roms.  ", in Courrier International du 10 au 16 octobre 2013 page 31, extrait d'article paru dans la presse Néerlandaise à propos des gangs organisés entrant dans le cadre de la traite humaine.

En Espagne la situation a déjà bien évolué. Le pays est d'ailleurs cité en exemple par Bruxelles :  " En Espagne, il n’y a pas un million de Gitans, mais un million d’Espagnols qui sont gitans. C’est une nuance importante, précise Joaquín Bustamante, directeur de la publication Cahiers gitans... "
" En 1978, 75 % des familles gitanes habitaient dans des logements insalubres. Aujourd’hui, seulement 4 % vivent dans des campements et 12 % dans des logements insalubres. Ce qui leur permet de se mélanger aux autres, d’avoir accès à des ressources et à des emplois plus divers, affirme Rodríguez. Il reste des points en suspens, comme l’intégration des Gitans dans le monde du travail : plus de 85 % de la population espagnole active est salariée, contre seulement 36 % des Gitans. "
" Ceux qui viennent faire un reportage veulent des images de gens qui dansent autour de bougies. Personne ne vient à 6 heures du mat’ pour filmer les bus bondés remplis de gens qui partent au travail, déplore un des habitants. Les gens préfèrent les clichés à la vérité. " in Courrier International du 10 au 16 octobre 2013 page 32, extrait d'article paru dans la presse espagnole.

Illustrations : photo de Gina Lollobrigida tenant le rôle d'Esmeralda dans le film  " Notre Dame de Paris ", et couverture de Courrier International du 10 au 16 octobre 2013.

ArticlepubliéSobusygirls